Musique folklorique de l’Inde, une richesse infinie

L’incroyable diversité culturelle de l’Inde a engendré une variété innombrable de styles folkloriques si bien que chaque état du subcontinent indien possède son propre folklore bien spécifique.

La musique folklorique indienne est une tradition qui se transmet de génération en génération au sein de la famille ou d’une communauté et se pratique lors de festivités religieuses ou des rites de passage tels la naissance, le mariage, la mort, etc.

Mise à part certains instruments communs comme par exemple le tabla ou le sarangi, les instruments de la musique folklorique indienne diffèrent de ceux de la musique classique.

Voici une (toute) petite sélection de musiques folkloriques de l’Inde, un avant-goût de la richesse du folklore de l’Inde


La musique rajasthanie


La musique du Rajasthan est d’une grande richesse et traditionnellement exécutée par des communautés de musiciens comprenant entre autres les Langhas, Manganiyars, Bhopas et Saperas.


LANGHAS


Les Langhas sont des musiciens professionnels. Ils vivent dans l’ouest du Rajasthan (Barmer, Jaisalmer et Jodhpur) et dans la région de Kutch au Gujarat.

Ils sont divisés en deux catégories basées sur les instruments qu’ils utilisent :

  • Les Surnaiya Langha jouent des instruments à vent comme le Shenhai, Murali, Surnai et Satara.
  • les Sarangya Langha jouent du sarangi (vièle).

Les Langhas seraient originaires du Sindh (région dans l’actuel Pakistan) et aurait été convertis à l’Islam au 8ème siècle lors de la conquête du Sindh par les Moghols.

Ils jouent habituellement pour les Sindhi-Sipahi, une communauté de musulmans rajpoutes, qui agissent comme leurs jajmans (mécènes) mais depuis quelques décennies ils sont devenus les porte-drapeaux de la culture folk rajasthanie et se produisent dans de nombreux festivals en Inde et à l’étranger. Leurs chansons sont souvent liées aux rites de passage.


MANGANIYARS


Les Manganiyars, proches des Langhas, sont aussi des musiciens professionnels très réputés. De foi musulmane, leurs chansons sont transmises de génération en génération.

A l’origine ils étaient sous le patronage de riches marchands caravaniers. Ils vivent principalement dans les villes de Jaisalmer et Barmer.

Leur instrument de prédilection est le Kamaicha (une forme de vièle) accompagné du Dholak (percussion) et des Khadtal (castagnettes indiennes).

Tout comme les Langhas, ils se produisent dans les festivals les plus prestigieux en Inde et à l’étranger.


BHOPAS


Les Bhopas sont des musiciens chantant les louanges de Pabu, une divinité populaire servant de médiateur dans les problèmes de la vie courante.

Les musiciens s’exécutent devant un plaid peint déroulé, connu sous le nom de ‘phad’ représentant des épisodes de la vie de Pabu et qui fonctionne comme un temple portatif. L’instrument traditionnel est le Ravanhatta.


SAPERAS


 Les saperas étaient autrefois des chasseurs et charmeurs de serpents

Depuis la promulgation en Inde de la Wildlife Act de 1972  protégeant différentes espèces animales dont les serpents, les saperas ont été chassés de leur métier traditionnel et se sont reconvertis dans les arts du spectacle et ceci avec succès car leur art (danse et musique) s’exportent dans le monde entier.

Ils utilisent différents instruments tels le pungi, une gourde percée aux extrémités, sorte de cornemuse rustique à un ou deux bourdon, jouée en souffle continu,  le morchang (guimbarde) et la percussion dholak pour donner le rythme des danseurs.

Parmi les groupes composant cette communauté se trouvent les Kalbeliyas, des danseurs réputés du Rajasthan.

Principaux instruments de la musique rajasthanie


Musique Baul du Bengal


Les Bauls sont des ménestrels mystiques qui vivent dans les zones rurales du Bangladesh et du Bengale Occidental.

Leurs chants dévotionnels remontent au 15ème siècle et le mouvement Baul, à son apogée au 19ème et au début du 20ème siècle, a maintenant un regain de popularité parmi la population rurale du Bangladesh. Leur musique et mode de vie ont influencé une grande partie de la culture bengalie, et particulièrement les compositions du poète écrivain, Rabindranath Tagore.

Les Baul vivent soit dans un village ou voyage d’un endroit à un autre pour gagner leur vie en chantant. Ils s’accompagnent du ektara, du dotara une forme de luth et d’un tambourin appelé dubki.

Ils appartiennent à une tradition pieuse hétérodoxe influencée par l’hindouisme, le bouddhisme, le bengali, le vishnouisme et le soufisme.

Cependant les Bauls ne s’identifient à aucune religion, caste, ni à une divinité particulière. Leur accent est mis sur l’importance du corps physique comme le lieu où Dieu réside. Ils sont admirés pour cette absence de convention ainsi que leur musique et leur poésie. La poésie, la musique, le chant et la danse Baul sont consacrés à la libération spirituelle.

En 2005, ils ont été déclarées comme les ‘Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité’ par l’UNESCO.


Le Pandavani


Le Pandavani est une forme de théâtre chanté impliquant la narration de contes de l’épopée indienne du Mahabharata.

Pandavani, signifie littéralement ‘histoires ou chansons des Pandavas’, les frères légendaires de Mahabharata. Bhima est le héros de l’histoire.

Ce chant populaire se retrouve dans l’Etat indien du Chhattisgarh et dans les régions voisines de Madhya Pradesh, de l’Odisha et de l’Andhra Pradesh.

folkloriques

La chanteuse Teejan Bai avec la tambura – photo : Bhagya Prakash K

Au cours d’une performance, le chanteur-narrateur déroule un épisode (appelé ‘prasang’) de l’épopée indienne accompagné d’un ektara ou d’une tambura, décorée de petites cloches et de plumes de paon.

La tambura devient un accessoire qui sert à personnifier la ‘Gadaa’ (la masse de Bhima), l’arc, le char d’Arjuna, ou les cheveux de la reine Draupadi.

La narration implique aussi une danse improvisée. Le chanteur est généralement accompagné par un groupe de musiciens à l’harmonium, au tabla, au dholak, aux manjiras et deux ou trois chanteurs pour le choeur.