Masrur, la perle monolithe de la vallée de Kangra

Masrur, situé à 40 km de Dharamshala (Himachal Pradesh), est très certainement la perle archéologique de la vallée de Kangra. Même inachevé, ce temple rupestre daté du début du 8e siècle de notre ère, a quelque chose de majestueux et il vient rejoindre la longue liste des fabuleux sanctuaires monolithes de l’Inde.

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Le temple se reflétant dans le bassin attenant

On ne connaît pas la datation exacte du temple de Masrur, cependant comme il présente des similitudes avec les grottes d’Eléphanta (Mumbai) et les temples rupestres de Mahabalipuram (Tamil Nadu), les archéologues situent donc sa construction aux environ du 8e siècle EC.

On pense qu’il aurait été construit par un des souverains de l’ancien royaume de Jalandhar (Pendjab) ou par la dynastie Katoch sous la houlette de Yashovarman, le puissant roi de Kannauj (Uttar Pradesh).

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Les petits sanctuaires autour du saint des saints

Masrur est construit face à l’Est dans le style architectural Nagar (Inde du nord) et selon un plan « Sarvatobhadra », c’est-à-dire accessible des quatre points cardinaux. Conformément au Vastu Shastra, la science de l’architecture de l’Inde antique, un large bassin a été creusé en face où le temple se reflète magnifiquement.

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Vue sur le lac du haut des Sikharas

Avec ses nombreuses sikharas (flèches), Masrur fait penser à un complexe de temples, cependant, il s’agit là d’un seul temple, avec, en son centre le garbhagriha, (sanctum sanctorum) entouré de plusieurs petits sanctuaires, vingt-cinq au total, dédiés, entre autres, à Vishnu, Indra, Ganesa, Kartikiya et Durga.

Le temple est taillé in situ dans un seul bloc. Grâce à cette solide construction, l’édifice a, comparativement, subit moins de dommages que d’autres monuments lors du tremblement de terre de 1905 qui a ravagé la région.

L’entrée du Sanctum Sanctorum
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La sculpture de Kartikeya sur un des sanctuaires mineurs

Pour une raison inconnue, l’édifice n’a jamais été fini. Des défauts dans la structure de la roche pourraient être une des explications.

Selon une légende locale, les frères Pandavas de l’épopée du Mahabharata auraient résidé ici « incognito » pendant leur exil et auraient construit ce temple. Mais, lorsque leur emplacement aurait été révélé, ils se seraient enfuis de Masrur, abandonnant sa construction.

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Les statues de Lakshmana, Rama et Radha dans le garbhagriha remplaçant le Shiva-lingam originel

A l’origine, le temple central était dédié à Shiva et renfermait un Lingam à trois têtes.

Au cours du 20e siècle, trois statuettes en grès noir de Rama, Lakshmana et Sita, héros de l’épopée du Ramayana, ont été placées dans le sanctum sanctorum en référence sûrement à la légende que j’ai citée plus haut.

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De gauche à droite : Shiva-lingam et statue de Kubera, dieu de la richesse

L’architecture des Sikharas est particulièrement raffinée. De type « Rekha Prasad » (curviligne), elle est composée d’une série de dalles horizontales superposées recouvertes d’entrelacs ; le tout étant de recréer l’aspect d’une montagne. Sikhara est d’ailleurs traduit par « pic de montagne ».

Les Sikharas du temple de Masrur

Détails des sikharas avec des images de Shiva à trois têtes

Le temple possède également des images profanes de la vie commune comme des couples (mithuna), des musiciens et danseurs.

Shiva assit sur Nandi, son taureau-véhicule

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