Shekhawati, la galerie d’art à ciel ouvert du Rajasthan

La région du Shekhawati au nord-est du Rajasthan est souvent oubliée des circuits touristiques. Elle fut pourtant aux 18e et 19e siècles, une des régions les plus en vue du Rajasthan. L’opulence des marchands Marwaris leur permit de construire de grandes demeures revêtues à l’intérieur comme à l’extérieur de somptueuses fresques, véritables chef-d’oeuvres mêlant mythologie hindoue et éléments de la vie courante. En raison de cela, la région du Shekhawati est souvent surnommée ‘la galerie d’art à ciel ouvert’ du Rajasthan.

La région du Shekhawati

Le Shekhawati était une région inhospitalière, cependant cette terre aride était située sur la route des caravanes chamelières et c’est donc ici que les banias (marchands) en provenance de l’Haryana mais surtout du sud du Rajasthan vinrent s’établirent au 17ème siècle.

Au début du 18ème siècle, Les routes du Rajasthan deviennent plus sûres et plus courtes et échappent aux rebellions du Maharashtra contre l’empire moghol. L’activité commerciale augmente alors considérablement.

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Fresque naïve de l’haveli de Nadine le Prince à Fatehpur

À la même époque, les souverains d’Amber et de Bikaner augmentent les droits de passage des caravanes sur leurs territoires. Le Shekhawati devient alors la route commerciale terrestre la plus économique et donc la plus empruntée.

Cependant à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle, l’arrivée du Raj britannique étouffe progressivement la prospérité du Shekhawati, lorsque les nouveaux moyens de transport, ferroviaires et maritimes, viennent concurrencer la route des caravanes.

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Fresque mythologique avec les déités Krishna et Radha – Nawalgarh

Les Marwaris, dont la fortune est déjà assurée, commencent alors leur migration dans les grandes villes indiennes dès 1820 ; beaucoup partent s’installer à Kolkata (Calcutta), dans le commerce du coton.

C’est après leur départ du Shekhawati que les Marwaris font ériger dans les villages où demeurent encore leur famille de nombreux édifices appelés havelis (maisons de maîtres). Ces constructions atteignent des dimensions palatiales et deviennent de véritables tableaux aux fresques grandioses. Les marchands Marwaris continuèrent à construire ces havelis jusqu’au début du 20ème siècle.

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Haveli de Nawalgarh

De nos jours, une grande partie de ces magnifiques maisons de maîtres est malheureusement en état de délabrement avancé bien que des tentatives de sensibilisation aient été entreprises par le gouvernement indien. Un classement à l’UNESCO permettrait de sauver ces oeuvres d’art et d’apporter un second souffle touristique à cette région.

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Haveli de Fatehpur

Hormis les splendides havelis du Shekhawati, cette région cache une autre perle, nichée au sein des monts Aravalli, le légendaire village de Lohargal. A ne surtout pas manquer ! (voir en fin de page).


Festival de Shekhawati


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Au mois de février, la région de Shekhawati célèbre son précieux patrimoine. Organisé conjointement par l’office du tourisme et la Fondation Morarka, le festival Shekhawati comprend des visites organisées, de l’artisanat, une foire aux bestiaux, des cours de cuisine bio et des remises des prix. Les principales festivités ont lieu au Stade Mandal Surya à Nawalgarh ; Les autres dans les zones de Sikar, Jhunjhunu et Churu.

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Et maintenant, suivez le guide !


Fatehpur


Riche de plusieurs centaines de havelis, Fatehpur est une ville à ne pas manquer dans la région du Shekhawati.

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La cour intérieure de l’haveli Nadine le Prince

Le plus connus des havelis à Fatehpur est celui de Nadine le Prince. Cette maison de maître a été achetée en 1998 par l’artiste française Nadine Le Prince, descendante du peintre français Jean-Baptiste Le Prince.

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Un des plafons superbement peints de l’haveli Nadine le Prince

Le ‘Nand Lal Devra Haveli’ (qui signifie ‘le Haveli de Nandlal Devra’) a été construit en 1802 par une riche famille de commerçants, les Devras, qui étaient également des officiers à la cour du Maharaja local. Depuis, Nadine Le Prince a entièrement rénové le palais et toutes les fresques. Elle oeuvre également à la préservation et restauration du patrimoine des havelis.

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Entrée de l’haveli

Nawalgarh


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Entrée du Podar Haveli

Nawalgarh est une des villes principales du Shekhawati, et elle recèle bon nombre d’havelis en plus ou moins en bon état.

Celui qu’on ne saurait manquer est le ‘Dr Ramnath A. Podar Haveli Museum’. Construit dans les années 1902 par M. Anandilal Podar, cet haveli possède plus de 750 fresques.

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Salon du Podar Haveli

La maison de maître a été reconvertie en musée par M. Kantikumar R. Podar, petit-fils de M. Anandilal B. Podar, qui sert de centre culturel présentant le patrimoine du Rajasthan et promeut le tourisme dans la région du Shekhawati.

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Cour intérieure du Podar Haveli

Mandawa


Shekhawati

Créée au 18e siècle, Mandawa est la plus touristique des villes du Shekhawati, c’est là que les voyageurs se logent habituellement.

Ici aussi il y a pléthore d’havelis à visiter, on retiendra surtout la Chokhani double haveli, construit avec deux ailes adjacentes à la fin du 19e siècle par les Chokhanis, des marchands prospères de Mandawa.

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Dundlod


Shekhawati

Le petit village de Dundlod possède une poignée d’havelis de toute beauté. L’haveli Goenka en est le meilleur exemple.

Merveilleusement rénové et transformé en musée, il se compose de plusieurs « tableaux » représentant des scènes de la vie quotidienne du passé.

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Mahansar


Shekhawati

Ce hameau perdu dans la campagne possède un haveli de prestige : le Sona Chand Ki Dukan ou ‘demeure d’or et d’argent’ construit en 1850 par Sej Ram Poddar, un riche joaillier.

Les fresques de la chambre dorée entremêlée d’or et de motifs floraux sont d’un raffinement époustouflant. 

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Lohargal (30 km)


Lohargal se love au coeur des monts Aravallis

Situé à 30 km de Nawalgarh, Lohargal est une perle nichée au cœur des monts Aravalli, entre banyans et manguiers centenaires.

C’est un lieu de pèlerinage qui renferme un temple dédié au dieu soleil (Surya). Un bassin sacré attire une foule considérable de pèlerins pour leurs ablutions.

Le bassin sacré du temple du soleil

Selon la légende, Bhima, un des héros de la grande épopée du Mahabharata serait venu s’y baigner ainsi que la puissante armée des Pandavas après avoir remporté la bataille de Kurukshetra. Pour se laver de leurs crimes, l’armée entière plongea dans le bassin sacré et nettoyèrent leurs armures maculées de sang. Un miracle se produisit et toutes les armes fondèrent dans l’eau. Depuis lors, le lieu est nommé ‘Lohargal’ dont le sens littéral est ‘fait fondre le fer’.

Les frères Pandavas

Lohargal est aussi connu pour ses achaar (condiments épicés) et tout spécialement ceux à base de mangue verte.

Vendeur de achaar, condiments épicés

Kiroriji


Entrée des bassins de Kiroriji

A quelques kilomètres de Lohargal, on trouve un autre lieu de pèlerinage, Kiroriji.

Cet endroit est célèbre pour ses deux bassins d’eau de source, l’un d’eau chaude et l’autre d’eau froide.

On dit que les frères Pandavas s’y seraient aussi baignés. Chaque année, au mois d’août, les pèlerins hindous font une parikrama (circumambulation) de 74 km autour des monts qui commence et fini à cet endroit.

Un des deux bassins sacrés de Kiroriji

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