
Raksha Bandhan, souvent appelé « Rakhi », est une fête hindoue célébrée chaque année en août, principalement dans le nord de l’Inde. Consacrée à l’amour, la protection et au respect mutuel entre frères et sœurs, cette tradition véhicule un message d’affection si puissant qu’elle rassemble aujourd’hui bien au-delà de la famille, incluant les amis et les proches de cœur.

Rakhi se célèbre le jour de la pleine lune qui marque la fin de « Shravan », le cinquième mois du calendrier hindou. S’étendant de la fin juillet à la troisième semaine d’août, cette période s’ouvre et se conclut par une pleine lune. Shravan revêt une importance capitale à travers tout le sous-continent indien : il coïncide avec l’arrivée de la mousson et constitue un temps de jeûne et de spiritualité dédié au dieu Shiva, figure majeure de l’ascétisme.

Autrefois réservé aux seuls hindous, le festival s’est progressivement ouvert à d’autres communautés. Aujourd’hui, les jaïns et les sikhs célèbrent également cette tradition, qu’ils nomment Rakhardi ou Rakhari.

Au cœur du rituel, la sœur attache un bracelet-amulette (le rakhi) au poignet de son frère. Elle dépose ensuite sur son front le tilak (une marque rouge porte-bonheur), lui offre des douceurs et réalise l’aarti, une offrande de lumière destinée à honorer leur lien particulier.

À travers ces gestes, elle prie pour la santé et la longévité de son frère. En retour, celui-ci lui offre un présent (souvent de l’argent) et s’engage solennellement à la protéger. Selon la tradition hindoue, le moment le plus propice pour accomplir ce rite est l’Aparahna, en fin d’après-midi.

Le terme Raksha Bandhan se traduit du sanskrit par « lien de protection ». Ce fil incarne l’union privilégiée entre frères et sœurs, mais s’inscrit aussi dans une tradition plus large : en Inde, le fil béni sert fréquemment d’amulette protective,comme lorsqu’il est noué au poignet des fidèles dans les temples.

Face aux centaines de millions de bracelets jetés chaque année, plusieurs initiatives écologiques voient le jour pour réduire l’impact environnemental de la fête. L’entreprise « SeedRakhi » par exemple, conçoit des fils biodégradables contenant des graines à planter. D’autres programmes associés soutiennent l’agriculture biologique tout en favorisant l’autonomisation économique des femmes. Même si l’évolution des mentalités reste lente , à l’image des difficultés rencontrées pour imposer les poudres naturelles lors de Holi, ces démarches écoresponsables méritent d’être saluées.