Un aperçu de l’histoire de l’Inde de la civilisation de l’Indus à l’indépendance.

Mise au jour lors de fouilles menées dès 1920 dans l’actuel Pakistan, la civilisation de l’Indus, ou civilisation harappéenne, émerge vers 5000 avant notre ère et se classe parmi les plus grandes civilisations antiques aux côtés de la Mésopotamie et de l’Égypte.

Encore mal connue en raison d’une écriture indéchiffrable et longtemps oubliée, elle décline vers 1900 avant notre ère face à d’éventuels bouleversements climatiques ou des invasions, entraînant l’abandon progressif de ses cités majeures comme Harappa et Mohenjo-Daro.

Malgré des controverses et des incertitudes chronologiques, la période védique marque traditionnellement la systématisation de l‘hindouisme et la rédaction de ses textes canoniques, des Védas aux grandes épopées. Traditionnellement rattachée à l’arrivée de peuples aryens venus d’Asie centrale, cette période voit finalement émerger vers 600 avant notre ère seize grands royaumes, les Mahajanapadas, dans le nord de l’Inde.

Véritable tournant dans l’histoire indienne, le VIe siècle avant notre ère voit naître le bouddhisme et du jaïnisme sous l’impulsion de Siddharta Gautama et de Vardhaman Mahavira. Rapidement, la richesse de cette région attire les convoitises extérieures, menant à l’invasion perse par Cyrus et Darius Ier, puis à la conquête d’Alexandre le Grand en 327 avant notre ère.

Après ce passage macédonien, l’empire Maurya s’établit solidement dans le nord du pays sous les règnes de Chandragupta Maurya, Bindusara et surtout d’Ashoka le Grand, qui se convertit au bouddhisme tout en maintenant de pacifiques relations avec les dynasties tamouls des Chola, Pandya et Chera dans le Sud. À l’assassinat du dernier souverain maurya en 185 avant notre ère, l’Inde se fragmente en une multitude de petits royaumes rivaux qui s’affrontent durant près de cinq siècles.

Cette période de troubles s’efface avec l’avènement de l’empire Gupta entre 320 et 550 de notre ère, considéré comme l’âge d’or de l’Inde en raison de sa prospérité matérielle, de son effervescence artistique et du génie de ses savants. Après le déclin des Gupta, le roi Harshavardhan prend le relais et fait prospérer le nord de l’Inde pendant plus de quatre décennies, avant que son royaume ne s’éteigne à sa mort.
La chute du royaume de Harshavardhan plonge l’Inde dans des guerres régionales chroniques, ouvrant la voie aux conquêtes musulmanes qui s’échelonnent du VIIIe au XVIe siècle.

L’invasion initiale du Sind en 711 par Muhammad ibn-Qasim laisse place, aux XIe et XIIe siècles, aux raids dévastateurs de Mahmoud de Ghazni puis à l’avancée de Muhammad Ghuri. À la mort de ce dernier, le sultanat de Delhi s’installe durablement de 1211 à 1426 à travers cinq dynasties successives.

Affaibli par les divisions, le sultanat cède la place à Babur, qui fonde en 1526 l’empire Moghol. Si les règnes d’Akbar et de Shah Jahan, bâtisseur du Taj Mahal, illustrent l’apogée artistique et territorial de la dynastie, l’intolérance religieuse d’Aurangzeb provoque de vives contestations.

C’est dans ce climat de résistance que s’élève l’État marathe sous l’impulsion de Shivaji, s’imposant comme la première puissance du sous-continent au XVIIIe siècle avant de succomber face aux Britanniques.

Le déclin inéluctable de l’empire Moghol, amorcé à la mort d’Aurangzeb en 1707 et parachevé par le pillage de Delhi en 1739, laisse un pays profondément divisé. Cette fragmentation politique permet à la Compagnie des Indes orientales de s’emparer progressivement du contrôle de tout le territoire à partir de ses bases bengalis.
Le début de la période médiévale en Inde du Sud est marqué par l’expansion du sultanat de Delhi, dont les forces soumettent les Pandyas en 1323 puis les Hoysalas en 1333.

Parallèlement, l’empire de Vijayanagara se développe à travers le Tamil Nadu, le sud du Karnataka et le Kerala depuis sa capitale éponyme, aujourd’hui connue sous le nom de Hampi.

Cet État entre en conflit durable avec le sultanat musulman des Bahmani, établi plus au nord, jusqu’à ce que les deux empires ne s’affaiblissent mutuellement au début du XVIe siècle. C’est dans ce contexte de recomposition politique qu’en 1498, les caravelles portugaises de Vasco de Gama accostent sur les côtes du Kerala.
L’expansion britannique en Inde débute en 1619 avec l’établissement d’un avant-poste à Surat, suivi au cours du siècle par la création de comptoirs permanents à Madras, Bombay et Calcutta.
Après sa victoire au Bengale en 1757, la Compagnie des Indes orientales étend progressivement son hégémonie pour administrer la majeure partie du sous-continent vers 1850. Conséquence directe de la grande rébellion de 1857, le Parlement britannique dissout le pouvoir de la Compagnie et place le territoire sous l’autorité directe de la Couronne. La reine Victoria est proclamée impératrice des Indes en 1877, tandis que Calcutta, puis Delhi à partir de 1911, abritent le siège du vice-roi.

Parallèlement, l’émergence d’une élite nationaliste conduit à la fondation du Congrès national indien en 1885, bientôt concurrencé par la création de la Ligue musulmane en 1906 sur fond de clivages confessionnels. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Mahatma Gandhi impulse de vastes mouvements de résistance pacifique, incarnés par la campagne de désobéissance civile de 1930. Si la Seconde Guerre mondiale interrompt les pourparlers d’indépendance, la fin du conflit ravive les tensions, attisées par la revendication d’un État séparé pour les musulmans portée par Ali Jinnah.

Face à la recrudescence des violences intercommunautaires, le gouvernement britannique précipite le processus et décrète la partition du pays. Les 14 et 15 août 1947, l’Inde et le Pakistan accèdent à l’indépendance, ce dernier se composant alors de deux territoires distincts qui verront la naissance ultérieure du Bangladesh. Cette division tragique entraîne des déplacements massifs de population et des centaines de milliers de morts, tandis que Gandhi lui-même périt assassiné par un extrémiste en 1948.

merci !
Bravo pour cet article, très intéressant !
merci George 🙂
Merci pour cette histoire de l’Inde, bavon George, je suis congolais