Lucknow, la glorieuse cité des Nawabs

Lucknow, capitale de l’état de l’Uttar Pradesh, n’est pas la ville la plus courue de la région. Les voyageurs lui préfèrent de loin la mystique Varanasi ou Agra et son célèbre Taj Mahal. Et pourtant, quelle belle surprise ! Lucknow étonne par la splendeur et le raffinement de ses bâtiments historiques. Il faut dire que du 18e au 19e siècle, elle fut la capitale des Nawabs, souverains extravagants et amoureux des arts, qui contribuèrent fortement à la richesse culturelle de la ville.

Lucknow
Lucknow du temps des Nawabs

La légende veut que la ville de Lucknow ait été fondée par Lakshmana, le frère du dieu Rama. En réalité, l’histoire la plus fameuse de la ville est assez récente et a eu lieu du temps des Nawabs, souverains administrateurs de la province du Awadh (ou Oudh) qui correspond plus ou moins à l’Uttar Pradesh actuel.

Le terme “Nawab” vient du persan “nuwwab’” qui signifie émir ou député. Ce titre fut donné aux souverains indiens de religion musulmane. Dans la langue française, “Nawab” a évolué en “Nabab” désignant une personne très aisée.

Lucknow
Mohammad Ali Shah Bahapur, 3e Nawab de l’Oudh

Un peu d’histoire…


Le fondateur de la dynastie d’Awadh était un aristocrate perse du nom de Burhan-ul-Mulk Muhammad Amin, qui est arrivé en Inde en 1705 et a rapidement gagné les faveurs de l’empereur Moghol Muhammad Shah.

En 1722, alors que l’Empire moghol s’effrite, Muhammad Shah nomme Burhan-ul-Mulk Muhammad Amin gouverneur de l’Awadh. C’est alors le début d’une période de plus de 100 ans (de 1732 à 1856) de gouvernance des Nawabs.

Lucknow

Quand en 1755, sous Nawab Asif-ud-Daula, la capitale de l’Awadh est déplacée de Faizabad à Lucknow, cette dernière entre alors dans son âge d’or et prend son indépendance vis-à-vis de l’Empire moghol.

Lucknow a gardé de cette époque glorieuse un certain raffinement, dans le langage notamment, qui est appelé “Tehzeeb”, signifiant bonnes manières, culture.

Avec l’arrivée du Raj britannique, Lucknow deviendra une capitale administrative et, après l’indépendance de l’Inde en 1947, la capitale de l’Uttar Pradesh.


Et maintenant, visitons Lucknow !


Bara Imambara


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Vue sur la mosquée Asafi et sur l’entrée du toît de l’Imambara

Le Bara Imambara (le grand Imambara) est l’un des édifices les plus visités de Lucknow.

Un ‘Imambara’ est un lieu de réunion pour les cérémonies musulmanes chiites, en particulier celle de Muharram qui commémore le martyre de l’Imam Hussain, le petit-fils de Mahomet et le troisième imam des chiites.

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Entrée du Bara Imambara

La construction du Bara Imambara a été lancée en 1785 par le Nawab Asaf-ud-Daula, alors que la région faisait face à une famine dévastatrice.

L’un des objectifs du Nawab était de fournir du travail au peuple pour plusieurs années. L’Imambara fut achevé en 1791 à grands frais, la décoration intérieure changée chaque année sera tout aussi coûteuse.

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Le grand hall du Bara Imambara et la tombe de Asaf-ud-Daula

L’architecture de l’édifice est de type moghole. Le hall principal voûté, qu’on dit être l’un des plus grands au monde (50 mètres de long par 15 mètres de hauteur), abrite la tombe d’Asaf-ud-Daula.

On y trouve aussi plusieurs “tazias”, c’est-à-dire des répliques en divers matériaux du tombeau de l’Imam Hussain Ali (Irak) ; celles-ci sont transportées en procession lors de Muharram.


Le labyrinthe du Bara Imamabara


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Le labyrinthe de l’Imambara

L’originalité du Bara Imamabara vient de son labyrinthe appelé “Bhulbhulaya”. Situé au-dessus et tout autour du hall, il comprend plusieurs pièces et près de 500 passages interconnectés ! Mieux vaut s’accompagner d’un guide !


Le puits à étage du Bara Imamabara


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Baoli, puits à étages, de l’Imambara

En contrebas de l’Imambara, on entre dans le ‘shahi baoli’, un grand puits à étages, entouré d’arches et de galeries. Il servait de réservoir d’eau, mais aussi de lieu de repos et de festivités lors des chaleurs estivales.

En sortant du baoli, juste en face, on aperçoit l’élégante mosquée Asafi à trois dômes (interdite aux non-musulmans). Elle a été construite avant l’Imambara par l’architecte iranien Kifait-Ullah de Delhi, également le concepteur de l’Imambara et du baoli.


Rumi Darwaza  


Lucknow
Rumi Darwaza

À droite de la Bara Imambara, nous passons sous le porche de Rumi (Rumi Darwaza). C’est aussi un des plus fameux édifices de Lucknow construit en 1784 par Asaf-ud-Daula.

Son architecture s’inspirerait d’une ancienne porte située à Istanbul (Turquie), la Bab-i-Humayun, d’où son surnom de “porte turque”.

Du temps des Nawabs, une immense lanterne éclairait la structure la nuit ; des petits jets d’eau jaillissaient des bourgeons de fleurs sculptés tout autour de l’arche.


Husainabad Clock Tower


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La tour de l’horloge d’Husainabad

Juste après la Rumi Darwaza se dresse la tour de l’horloge d’Husainabad (Husainabad clock tower). Cet édifice de près de 70 mètres a été construit par le Nawab Nasir-ud-Din Haider en 1880. Ce serait la plus haute tour de l’horloge en Inde.

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Hussainabad Picture Gallery

Juste à côté de la tour de l’horloge, un bâtiment rouge abrite la ‘Hussainabad Picture Gallery’ ; c’est l’une des plus anciennes galeries de photos de Lucknow.

Elle a été construite en 1838 par Mohammad Ali Shah, le troisième Nawab de Awadh, et était utilisée comme résidence d’été par la famille royale. Elle comprend aussi un bassin et une mosquée.


Satkhanda


Lucknow
Satkhanda

À gauche de la galerie, se tient le Satkhanda, une tour de guet de 11 m construite par le roi Mohammed Ali Shah en 1837. On dit que les concepteurs se sont inspirés de la tour de Pise. 

Le mot ‘Satkhanda’ signifie ‘sept étages’. Cependant, les travaux ayant été abandonnés en cours de route suite au décès du Nawab, la tour ne comporte finalement que quatre étages.


Chhota Imambara


Quelques pas après la porte de Rumi, une petite merveille s’offre à nous : le Chhota Imambara (petit Imambara). Mon coup de cœur !

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Le Chhota Imambara

L’Imambara a été conçu par le Nawab Mohammed Ali Shah en 1839. Il sert de mausolée pour le Nawab lui-même et autre membres de sa famille. 

Il est composé de deux halls contenant le trône d’argent et la couronne rouge d’Ali Shah. De beaux chandeliers importés de Belgique ornent l’édifice, ce qui lui a valu le surnom de “palais des lumières”. L’extérieur est tout aussi raffiné, paré de versets coraniques. 

L’intérieur du Chhota Imambara décoré de nombreux chandeliers

Le complexe de l’Imambara comprend aussi : un hammam pour les ablutions, un “jawab” (un édifice assurant la symétrie architecturale du lieu) et une réplique en taille réduite du Taj Mahal.

À l’entrée, on remarquera deux étonnantes statues dorées de femmes portant une chaîne en métal : ce sont des paratonnerres !

Une des statues servant de ‘paratonnerre’ au Chhota Imambara

Juste à côté, un portail en fer supporte un poisson, emblème des Nawabs. Il sert de girouette afin de prédire les changements climatiques.

Le poisson, emblème des Nawabs

Le poisson est un symbole bien connu en perse, d’où descendent les Nawabs. Il symbolise la bravoure et la force. L’histoire raconte que le premier Nawab Saadat Khan Burhan-ul-Mulk naviguait sur le Gange, quand deux poissons sautèrent sur ses genoux. Comme il venait juste d’être nommé gouverneur de la région d’Awadh, il prit cela comme un signe de bon augure ; il décida donc d’en faire les emblèmes de la dynastie des Nawabs.


Old Chowk


En sortant du Chhota Imbambara et en continuant tout droit vers le nord, on découvre le bouillonnant Old Chowk, le vieux marché de Lucknow.

Il est réputé pour sa cuisine de rue qui sent bon l’orient : kebabs et riz biryani au mouton, “malai makhan” (un dessert à la crème, spécialité de lucknow) et “thandai”, une boisson aux amandes et épices.

Malai Makhan, une spécialité de Lucknow pendant la saison hivernale | Photo : kyscanner.co.in

Jama Masjid


La Jama Masjid

La mosquée Jama Masjid se trouve à 5 minutes à pied du Chhota Imambara ; c’est assurément une des plus belles mosquées que compte l’Inde. Les non-musulmans ne peuvent accéder à l’intérieur, néanmoins l’extérieur en lui-même vaut le coup d’œil.

Le sultan Ahmed Shah fit construire cette mosquée en 1423 (sa tombe s’y trouve), entièrement en grès jaune. Ses arches, combinant les styles hindous, moghols et jaïns sont finement sculptées et ornementées de motifs floraux. L’arche d’entrée, en particulier, est de toute beauté.

L’arche d’entrée somptueusement décorée

British Residency et musée


Un des bâtiments de la British Residency

La British Residency est un vaste complexe résidentiel, maintenant en ruines, achevé en 1800 par le Nawab Saadat Ali Khan. Il logeait les résidents britanniques et leur personnel.

En 1857, cet endroit a servi de refuge pendant 147 jours à près de 3000 Britanniques lors de ce qui sera appelé la première révolte pour l’indépendance de l’Inde. Seulement un millier d’entre eux en réchappèrent quand les troupes de Sir Colin Campbell sortirent victorieuses de cette rébellion.

Le musée, mémorial de la 1ère révolte pour l’indépendance de l’Inde

Au centre du complexe, se trouve un musée qui sert de mémorial ; il retrace notamment les faits de cette première révolte contre le Raj britannique.

L’intérieur du musée

Le musée contient une maquette de la British Residency telle qu’elle était avant sa destruction ainsi que de nombreux portraits des nawabs et de Rani de Jhansi (Lakshmibai).

Lakshmibai était la reine de l’état princier de Jhansi. Elle devint vite une des figures de proue de la rébellion indienne de 1857. Pour les nationalistes indiens, elle est devenue un symbole de résistance face au Raj britannique.

Rani de Jhansi (Lakshmibai)

Tombeaux de Saadat Ali Khan & Khurshid Zadi


Tombeau de Khurshid Zadi

Les voyageurs font souvent l’impasse sur ces tombeaux jumeaux, près de Begum Hazrat Mahal park ; ils méritent tout autant une visite que les fameux monuments de Lucknow.

Le premier tombeau, très élégant, est celui de Khurshid Zadi ou Mushir Zadi. Il a été construit par le Nawab Ghazi-ud-din Haider pour sa mère Mushir Zadi, épouse du Nawab Saadat Ali Khan.

Le deuxième tombeau est celui de Saadat Ali Khan, l’époux de Mushir Zadi qui règna de 1798 à 1814.

Tombeau de Saadat Ali Khan

Shah Najaf Imambara


L’entrée de l’Imambara Shah Najaf

Près du Sikandar Bagh, se tient un autre Imambara. L’édifice est encore peu visité par les touristes, il se révèle être pourtant un véritable petit bijou.

L’Imambara sert de mausolée au Nawab Ghazi-ud-Din Haider (1814-1827), qui fut à l’origine de l’édifice, ainsi qu’à ses épouses.

L’intérieur de l’Imambara Shah Najaf : une salle au trésor

Il présente à l’extérieur une architecture sobre, mais élégante calquée sur celle de l’Hazrat Ali à Najaf (Irak).

L’intérieur, par contre, nous donne impression d’entrer dans une grande salle au trésor : grands chandeliers en cristaux de Belgique, tombes en or et argent, arabesques vertes couvrant les murs et tazias en bois.

L’entrée dans le sanctuaire

Kothi de Dilkusha


La demeure de Dilkusha, fortement endommagée suite à la révolte de 1857, était à l’origine un pavillon de chasse et une résidence d’été utilisés par les Nawabs.

La maison de style baroque anglais a été construite en 1800 par le major britannique Gore Ouseley, un ami du Nawab Saadat Ali Khan.

Plus tard, un cottage dans un style Indo-Européen fut ajouté par le Nawab Nasir-ud-Din Haider à côté de l’édifice principal. Il est en ruine maintenant.


Hazratganj


Hazratganj | Photo : ghumakkar

Si vous cherchez un lieu pour le shopping, Hazratganj est le lieu qu’il vous faut ! Vous y trouverez des restaurants, des boutiques chics, un cinéma et centre commercial. Cet endroit est si fameux que les locaux ne disent pas qu’ils vont faire du shopping, mais du “ganjing” !

Le premier bazar fut créé ici en 1827, par le Nawab Nasruddin Haider. Il y introduisit des denrées et produits provenant de divers pays d’Asie et des pays européens.

En 1842, le bazar prit le nom de “Hazratganj” d’après le Nawab Amjad Ali Shah, aussi connu sous le nom de Hazrat.

Avec l’arrivée des anglais au milieu du 19e siècle, le bazar fut remodelé selon l’architecture victorienne ; les vieux bâtiments du bazar moghol originel furent démolis.


Vidhan Sabha Bhawan Council House


Avant le Hazratganj, on peut apercevoir en passant en voiture, le Vidhan Bhawan, l’édifice de l’assemblée législative de l’Uttar Pradesh. Construit en 1922 sous le régime britannique, il présente une belle architecture de style indo-européenne.


La Martinière College


L’université des garçons

Cette université prestigieuse, pour filles et garçons, fut fondée en 1845 par le Major Général Claude Martin, un officier de l’armée française puis de la Compagnie des Indes Orientales.

Le général fit fortune en servant le Nawab Asaf-ud-Daula ; on dit qu’à l’époque, il était l’un des hommes les plus fortunés de l’Inde. Deux autres universités ont été créées selon ce modèle, à Kolkata (Bengale Occidental) et à Lyon (France).

La salle bleue de La Martinière

L’intention du Major était de donner une éducation à tous, quelle que soit la caste, la religion ou la nationalité des étudiants. Cependant à cause d’une forte ségrégation raciale menée par les Britanniques, les indiens ne seront admis qu’à partir de 1935.

La Martinière College est une visite à ne surtout pas manquer à Lucknow. L’édifice présente une très belle architecture de type colonial, une des mieux préservées de la ville. Les intérieurs sont tout aussi intéressants.

On y trouve, entre autres, la très belle ‘Blue Room’ (anciennement une salle de réception) décorée de beaux vitraux ainsi q’une ancienne salle de classe avec ses bureaux en bois et encriers.


Dr. Ambedkar Park


Le parc d’Ambedkar est un espace gigantesque et disons-le, un peu mégalomane, s’étirant sur plusieurs hectares. Il a initié en 1995 par Mayawati, la ministre en chef de l’Uttar Pradesh et inauguré en 2008.

Construit entièrement en grès rouge du Rajasthan, il sert de mémorial à plusieurs personnalités qui ont dédié leur vie pour le bien de l’humanité.

L’une d’entre elles, Bhimrao Ramji Ambedkar (1891-1956) – qui a donné son nom au parc – se battit contre les discriminations sociales et pour le droit des femmes. Il sera nommé ministre de la Justice et fut le principal architecte de la Constitution de l’Inde après l’indépendance.


Chattar Manzil


Le Kothi Hayat Baksh et le Chattar Manzil en cours de rénovation (juin 2017)

Le palais aux parapluies (Chattar Manzil) est une des autres structures importantes construites par les Nawabs de Lucknow.

Il tire son nom de ses dômes en forme de parapluie (chattri signifie parapluie en Hindi) et servait de résidence royale aux Nawabs.

Le Nawab Ghazi-ud-Din Haider commença sa construction, complétée ensuite par son fils Nasir-ud-Din Haider. Par la suite, les Anglais viendront y mettre une touche d’architecture européenne.

Le Chattar Manzil qui abritait le Central Drug Research Institute (CDRI) a subi l’épreuve du temps ; il était en cours de rénovation quand j’y suis allée en juin 2017. La ville prévoit d’y créer deux musées et une bibliothèque.

Le Chattar Manzil en cours de rénovation

Juste à côté du palais au parapluie, on trouve le Kothi Hayat Baksh. Le Nawab Saadat Ali Khan était fasciné par l’architecture européenne ; il demanda au Major Général Claude Martin (celui de la Martinière) de concevoir une demeure. Le Nawab n’y habita jamais et le splendide Kothi Hayat Baksh devint la résidence principale du Major Général Claude Martin.

Tout comme le Chattar Manzil, il en cours de rénovation.


Kaiserbagh Palace complex


Le Barabadi au centre du complexe de Kaiserbagh

Construit au sud-est du Chattar Manzil, l’ensemble de Kaiserbagh fut un projet architectural mené par le Nawab Wajid Ali Shah de 1848 à 1850.

Le complexe comprend trois édifices maintenant en ruines (les quartiers des femmes) et un bâtiment blanc autrefois recouvert d’argent. L’architecture mélange les styles européens et moghols. Il sert maintenant de salle d’exposition.


Les jardins : Parc Begum Hazrat Mahal et Sikandar Bagh


Pavillon de la reine dans le Parc Begum Hazrat Mahal

Begum Hazrat Mahal (1820 – 1879) était la seconde femme du Nawab Wajid Ali Shah. Alors que son mari s’était exilé à Kolkata, elle prit la direction des affaires de l’état du Awadh et se rebella contre les Britanniques. Elle dut finalement s’exiler au Népal en 1879. Un pavillon dans le parc lui est dédié.

Le porche d’entrée de Sikandar Bagh

Sikandar Bagh, est un des autres jardins historiques de la ville. Nawab Saadat Ali Khan en fit un jardin royal au début du 19e siècle et le dernier Nawab, Wajid Ali Shah (1822–1887) y construisit sa résidence d’été. Il ne reste de son histoire que le très beau porche orné de la “paire de poissons” emblème des Nawabs (voir en haut de page).


Sources : luckno.me | lucknopulse.com | lucknoobserver.com


7 Comments on “Lucknow, la glorieuse cité des Nawabs”

    • Oui, comme vous dites ! On vous attend impatiemment !
      Merci de votre message
      À bientôt en Inde 🙂
      Mathini

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