Navaratri, le festival de la Mère Universelle

Navaratri est une des fêtes hindoues majeures, célébrée avec la plus grande ferveur à travers toute l’Inde. En sanscrit, Nava signifie “neuf” et Ratri “nuit”. Navaratri est un festival qui a donc lieu pendant neuf nuits et s’attache à célébrer la Mère Universelle, ou “Shakti“, la force créatrice primordiale.

Navaratri
La déesse Durga dans un des “pandals” de Kolkata pendant le festival “Durga Puja”

Selon le calendrier hindou, Navaratri a lieu quatre fois par an :

  • Magh Navaratri (janvier – février),
  • Vasant Navaratri (mars – avril), également connu sous de Navaratri du printemps,
  • Ashad Navaratri (juin – juillet),
  • Shardiya Navaratri ou “Maha Navaratri”, la grande Navaratri, (septembre – octobre). C’est celle qui est la plus suivie et qui donne lieu à de grandes festivités.



Navaratri dans le Sud de l’Inde


Navaratri
Lakshmi, Durga et Saraswati

Dans le sud de l’Inde, particulièrement dans le Tamil Nadu, la “Shakti” est personnifiée par trois déesses différentes tout au long du festival de Navaratri.

Les 3 premières nuits de Navaratri sont dédiées à Durga, la déesse guerrière, symbolisant la force et la destruction des impuretés de l’esprit.

Les 3 nuits suivantes, Lakshmi est vénérée. Posée sur un lotus, la main droite déversant des pièces d’or, elle symbolise la prospérité et l’abondance spirituelle.

Les 3 dernières nuits sont consacrées à Saraswati. La déesse tient dans ses mains une veena (sorte de luth), un chapelet et le livre sacré des védas. Elle représente la connaissance, la sagesse et l’art.




Vijayadashami, la victoire de la lumière


Le dixième jour est communément appelé “Vijayadashami”, la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il marque la victoire de Durga sur le démon Mahisasura.

Navaratri
Durga terrasant le démon Mahisasura (Durga Puja Kolkata)

La mythologie raconte que ce démon, après avoir accompli de grandes austérités, avait reçu des dieux le don de triompher de tous ses ennemis et seule une femme pourrait le vaincre. Fort de ce pouvoir, Mahisasura attaqua le monde des êtres divins (les devas).

Les dieux inquiets se réunirent pour voir comment terrasser ce démon coriace. Ensemble, ils générèrent une très forte énergie et créèrent la puissante déesse Durga.

Panneau représentant la déesse Durga tuant le démon Mahisasura à Kolkata

Chacun des dieux lui fournit une arme : le trident de Shiva, le disque de Krishna, l’arc et les flèches de Vayu, etc.

La déesse, combinant ainsi les pouvoirs des différents dieux, put facilement vaincre le démon.

Ce jour est appélé Vijayadashami, le jour de la victoire de la lumière sur les ténèbres, symbole de la bataille intérieure que nous menons pour découvrir notre vrai nature.




Festival “Durga Puja“, Bengale Occidental


Navaratri
Effigie de la déesse Durga, pendant le festival Durga Puja à Kolkata

Durga attaquant le démon Mahisasura

Dans certains états du Nord de l’Inde principalement au Bengale Occidental et sa capitale Kolkata, Navaratri est connue sous le nom de “Durga Puja” ou de “Durgotsava” (fête de Durga). Ce festival a lieu les 5 derniers jours de Navaratri. La fête de Durga Puja marque la victoire de la déesse Durga sur le démon-buffle Mahishasura…

LIRE L’ARTICLE SUR DURGA PUJA

[ L’atelier de création des statues de la déesse Durga ]




Dussehra, la victoire sur le démon Ravana


Dans certaines régions de l’Inde, Vijayadashami, le dixième jour de Navaratri, est appelé Dussehra ou Dasara. Il est associé au dieu Rama.

Sita et Rama

La légende raconte que lorsque le roi des démons Ravana captura Sita, l’épouse du dieu Rama, et l’emmena dans son royaume au Sri Lanka, une bataille féroce s’en suivit. Malgré tous les efforts de Rama, Ravana ne pouvait être vaincu.

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Dussehra à Kota, Rajasthan

Il décida alors d’invoquer la force de la Shakti (la déesse Durga) par le biais d’un rituel.

Afin de procéder à cette cérémonie, 108 lotus bleus étaient requis, mais Rama ne put en trouver que 107. Comme la puja (rituel) ne pouvait s’effectuer sans le nombre exact de lotus, il décida de donner un de ses yeux bleus en forme de lotus aux pieds de Durga.

Satisfaite de sa dévotion, la déesse lui accorda ses bénédictions et, grâce à elles, il remporta la bataille contre Ravana….

LIRE L’ARTICLE SUR DUSSEHRA

[ Dusserha à Kota, Rajasthan ]




Adivasi Dussehra au Chhattisgarh


Navaratri
Le chariot de Dussehra in Bastar, Chhattisgarh

Comme vu ci-dessus, Dussehra marque la victoire du dieu Rama sur le démon Ravana. Cependant, le festival de Dussehra de la région du Bastar dans l’état de Chhattisgarh est totalement unique : ici, au lieu de célébrer la défaite du roi-démon, les tribus honorent la déesse Devi Danteshwari, la divinité native de la région du Bastar et déesse tutélaire de la dynastie des rois Kakatiya. Autre particularité, le festival dure 75 jours contre 1 jour normalement….

La déesse Devi Danteshwari
LIRE L’ARTICLE SUR DUSSEHRA AU BASTAR


2 Comments on “Navaratri, le festival de la Mère Universelle”

  1. Bonjour,
    Permettez deux mots sur la Mère dans l’Inde primitive
    L’importance du rôle joué par le Principe-Mère dans les premières conceptions des Hindous explique le respect religieux dont fut entourée la Femme au temps des Védas et de l’ancien Manou.
    D’abord nous trouvons dans les vieilles traditions :
    Mâtri-Mâtri, la Mère des Mères, et c’est de ce mot sanscrit Mâtri qu’on fera matrimonial, qui indique ce qui est maternel.
    Narî était la Vierge universelle. On lui adresse cette litanie :
    Narî Aditi : Vierge immortelle.
    Brahmî : Mère universelle.
    Hiranya garbha : Matrice d’or.
    Paramâtmâ : Grande âme.
    Lakshmî : Reine de l’Univers.
    Çakti : Lumière céleste.
    Maryama : Fécondité perpétuelle.
    Akâça : Fluide pur.
    Ahankâra : Conscience suprême.
    Kanya : Vierge.
    Tanmâtra : Les cinq éléments.
    Triguna : Les trois qualités.
    Kanyabâna : Virginité éternelle.
    Narî est souvent désignée dans le langage kabbalistique des initiés sous le nom de Reine des Sept (1). Il s’agit des sept principes cosmiques qu’elle a expliqués. et dont plus tard on fera sept rois.
    Il faut remarquer que Narî ou Aditi reçoit seule dans le principe un culte extérieur.
    L’apparition des « fils des Dévâs », nés de Vierges immaculées, est une idée qui se trouve à la base d’une multitude d’allégories.
    C’est un grand chapitre de l’histoire de la Virgo pariens, la Vierge qui enfante et qui est représentée par Neith, Isis, Diane, etc. Ce sont des « Déesses démiurgiques » à la fois visibles et invisibles (Esprit invisible, corps visibles), ayant leur place dans le ciel (vie de l’esprit) et aidant à la génération des espèces.
    Tel est le langage symbolique qu’il faut comprendre.
    Quand le mystère de la fécondation sera connu, on dira, pour exprimer le temps où la fécondation n’a pas commencé, que, « au commencement, le fils est encore caché dans la pensée qui n’a pas encore pénétré le sein divin ».
    Quand plus tard l’homme qui féconde sera connu, il sera appelé Fohat.
    Rappelons, pour clore ce commentaire, que le mot Dieu, d’abord écrit Diev (jusqu’au Moyen Age l’u finale était un v), vient du mot sanscrit Devâ ou Devi, qui signifiait la « Femme lumière », la « Femme Esprit ».
    (1) Les légendes hindoues ont gardé et consacré le souvenir des fondatrices des premières familles. On les appelle Maharchis ou grands Richis. Les sept premiers Richis de l’Inde sont considérés comme les ancêtres de l’humanité. Et comme à cette époque reculée le père n’apparaît pas dans la constitution de la famille naturelle, il est bien évident que ce sont les Mères seules qui sont ces ancêtres primitives.
    (Suite : voir lien)
    Cordialement.

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