
Derrière son visage moderne de métropole industrielle en plein essor, Vadodara demeure l’altière capitale culturelle du Gujarat. Trop souvent réduite à une simple étape technique sur la route de la splendide cité de Champaner-Pavagadh, l’ancienne Baroda cache un cœur princier d’une rare élégance. Revisitée par l’héritage de la dynastie des Gaekwad, la ville déploie de somptueux édifices qui rivalisent de grandeur et mérite une exploration attentive.

Attraction majeure de la ville, le palais Lakshmi Vilas s’impose comme le joyau absolu de Vadodara. C’est l’une des demeures privées les plus vastes et extravagantes au monde.

Érigé en 1890 par le Maharaja Sayajirao Gaekwad III sur les plans du Major Charles Mant, ce géant de pierre a nécessité douze ans de travaux à un coût astronomique.

Son architecture illustre le style style indo-sarracénique, savant syncrétisme mêlant opulence victorienne, raffinement moghol et structures fortifiées rajpoutes.

Le palais demeure aujourd’hui encore la résidence principale du Maharaja actuel, Samarjitsinh Ranjitsinh Gaekwad, et de sa famille.

L’exploration de ses pièces révèle une démesure artistique sans pareille. Le majestueux Durbar Hall, utilisé pour les cérémonies officielles, impressionne par sa voûte ouvragée, ses lustres de cristal et ses galeries de balcons d’où les femmes de la cour suivaient les festivités à l’abri des regards.

Le palais abrite également des cours intérieures rafraîchissantes, des fontaines de marbre italien et d’élégants salons d’inspiration européenne où sont exposés des trésors historiques et des collections d’armes anciennes.


Érigé comme un pont entre le temporel et le sacré, le Kirti Mandir se dresse en gardien de la mémoire de la famille princière de Baroda.

Ce mémorial, voulu par le Maharaja Sayajirao III en 1936, déploie son architecture géométrique en « E » où l’art dialogue avec le souvenir.

Dans le hall principal, le marbre s’efface devant les fresques narratives de Nandalal Bose, maître de la peinture indienne, qui fait revivre la dévotion de Mirabaï et le souffle épique du Mahabharata.

Mais c’est vers le ciel que le bâtiment livre son message le plus fort : son clocher porte les effigies du soleil, de la lune et de la terre, proclamant que la renommée des Gaekwad est promise à la même immortalité que l’univers.

Au seuil de ce grand monument dynastique, un modeste sanctuaire abrite le samadhi d’un ascète, rappelant la part d’éternité spirituelle du lieu.


Connu sous le nom de Tambekar Wada, cette remarquable demeure de style marathe s’élève sur trois étages de bois sculpté. Elle fut la résidence officielle de Bhau Tambekar, qui exerça les fonctions de diwan (premier ministre) de l’État princiers de Baroda entre 1849 et 1854

À l’intérieur, les murs de l’édifice se muent en une véritable galerie d’art, ornés d’élégantes fresques d’époque qui dépeignent avec finesse des scènes des grandes épopées du Ramayana et du Mahabharata, tout en offrant un précieux témoignage sur l’histoire moderne de l’Inde coloniale.


Véritable cœur intellectuel de la cité, l’université Maharaja Sayajirao s’abrite dans un écrin monumental né de la volonté du Maharaja Pratap Singh Gaekwad en 1949. Le pavillon de la faculté des Arts, dessiné par l’esprit visionnaire de Robert Fellowes Chisholm, est un chef-d’œuvre de syncrétisme indo-sarracénique. Ses voûtes et ses dômes, façonnés de briques et de pierres aux nuances variées, font dialoguer l’Orient byzantin avec l’art de l’Inde. Couronnant cette prouesse, le dôme principal s’élève dans le ciel en écho au mythique Gol Gumbaz de Bijapur (Karnataka), conférant au campus une dimension impériale.

Le « Temple de la Justice » (Nyay Mandir) est un remarquable exemple d’architecture indo-sarracénique construit en 1896 par Robert Fellowes Chisholm. Toujours utilisé comme Cour de justice du district de Vadodara, l’édifice se distingue par son hall central monumental. Cet espace est magnifiquement décoré de mosaïques complexes et d’une statue de la Maharani Chimnabai, première épouse du Maharaja Sayajirao Gaekwad III, qui s’éteignit prématurément.

Inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, ce complexe exceptionnel s’épanouit dans un cadre naturel préservé. Il conjugue des zones archéologiques majeures, encore largement inexplorées, et les ruines monumentales de Champaner, l’éphémère capitale de l’État du Gujarat au XVe siècle…
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SAR SAYAJIRAO GAEKWAD ( dit Princy )
a terminé sa vie en 1985 dans sa maison de Cagnes sur Mer. (Haut de Cagnes )