
Tourné vers l’immensité de l’océan, le temple de Somnath s’élève majestueusement sur la côte de Veraval, dans le Gujarat. Ce sanctuaire hautement sacré abrite le « seigneur de la lune », considéré comme le tout premier des douze précieuxJyotir Lingams (lingams de lumière) de l’Inde. Surnommé le « temple éternel », Somnath est célèbre pour sa résilience extraordinaire : maintes fois pillé et détruit au cours des siècles, il a toujours été rebâti par les fidèles, s’imposant aujourd’hui comme un symbole flamboyant de renaissance et de dévotion inébranlable.
Comme tout sanctuaire indien, le temple de Somnath est né d’une légende. Chandra, le dieu de la Lune, épousa les vingt-sept filles du sage Daksha. Mais parce qu’il ne manifestait son amour qu’à la seule Rohini, ses vingt-six sœurs s’en plaignirent à leur père. Furieux, Daksha jeta une malédiction au dieu-lune, le condamnant à dépérir jusqu’à devenir invisible.

Face au ciel s’assombrissant, les dieux invoquèrent Brahma, qui leur conseilla de prier Shiva. Après six mois d’une ardente pénitence, Shiva apparut à Chandra et adoucit son sort : il décréta qu’après avoir décru durant la première moitié du mois, la Lune croîtrait à nouveau la quinzaine suivante, instaurant ainsi le cycle éternel de la pleine lune.

Lieu de dévotion du dieu-lune Chandra, le temple de Somnath abrite un bassin sacré, créé par les dieux, où les pèlerins se baignent pour laver leurs péchés. La mythologie attribue sa construction à quatre figures majeures : en or par Chandra, en argent par Ravi (le dieu-soleil), en bois par le seigneur Krishna et enfin en pierre par le roi Bhimadeva. Surnommé « l’autel éternel », ce haut lieu de l’hindouisme a traversé l’histoire en renaissant de ses cendres après chacune de ses six destructions par les envahisseurs.
