
Le Garba est une danse folklorique sacrée originaire du Gujarat, traditionnellement célébrée pendant la fête de Navaratri. Exécutée en cercle, elle rend hommage à Shakti, l’énergie féminine divine universelle. Autrefois rituel villageois intimiste, le Garba a évolué au fil du temps pour devenir un rassemblement festif inclusif d’envergure mondiale, alliant dévotion spirituelle et célébration communautaire.
Le terme Garba vient du mot sanskrit « Garbh », qui signifie utérus.

À l’origine, le Garba était une danse exclusivement féminine exécutée dans les villages du Gujarat à la fin de la période des moissons. Les femmes tournaient en cercle autour d’une lampe en terre cuite ou d’une représentation de la Déesse Mère (Devi ou Shakti) pour invoquer la fertilité, la protection et la prospérité pour leurs foyers.

La danse est maintenant intrinsèquement liée à la grande fête de Navaratri (signifiant « neuf nuits »), un festival hindou majeur. Durant ces neuf nuits, la communauté s’unit pour célébrer les différentes incarnations de la Shakti et la victoire du bien sur le mal…
EN SAVOIR + SUR NAVARATRILe Garba est à la base un rituel chargé d’une profonde symbolique spirituelle et philosophique.

Au centre de la danse se dresse le Garba Deep (garbo), une lampe en terre cuite perforée abritant une lampe à huile. Le Garbo symbolise le corps humain, tandis que la flamme qui scintille à l’intérieur représente l’âme divine (Atman) présente en chaque individu. Ainsi, la danse s’exécute autour de cette lumière pour rappeler que le divin réside au cœur de chacun et que toute existence gravite autour de cette vérité fondamentale.

Autour de ce foyer lumineux, les danseurs évoluent en formant des cercles concentriques qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Ce cercle évoque le cycle éternel du temps (Samsara), marqué par la naissance, la vie, la mort et la renaissance.

Tandis que les participants se déplacent et changent continuellement de position, le Garba Deep au centre demeure parfaitement immobile, illustrant l’idée que, malgré les mutations perpétuelles du monde matériel, l’âme reste immuable et inébranlable.
Dans les grandes métropoles comme Ahmedabad, le Garba contemporain demeure une célébration profondément inclusive, réunissant hommes et femmes de tous âges, des plus jeunes enfants aux aînés, dans un même élan festif.

Bien que chaque communauté apporte ses propres nuances et variantes aux mouvements, la danse conserve partout une grâce fluide, rythmée par de légères flexions du corps, des clappements de mains synchronisés (Tali) et des rotations élégantes. Les participants dansent pieds nus, unis dans ce même geste de respect envers la terre sacrée et la déesse.
Souvent pratiquées ensemble lors des nuits de Navaratri, ces deux danses présentent une distinction marquée. Le Garba se danse principalement avec les mains, les bras et des mouvements circulaires autour de la lampe ou d’une statue de la Déesse. En revanche, le Dandiya Raas se pratique en deux rangées de partenaires qui frappent en rythme de petits bâtons en bois appelés Dandiyas, qui représentent symboliquement les épées de la déesse Durga.

Le Garba est également un festival visuel grâce à la richesse de ses tenues traditionnelles.

Les femmes portent le Chaniya Choli, un ensemble composé d’une jupe très ample et évasée (Chaniya), d’un chemisier ajusté (Choli) et d’un voile (Dupatta). Ces vêtements sont richement brodés selon la tradition de Kutch, ornés de petits miroirs (aabla) qui reflètent la lumière, et arborent des couleurs éclatantes comme le rouge, le jaune, l’orange et le vert.

Les hommes, quant à eux, revêtent la tenue traditionnelle du Kediyu, constituée d’une tunique courte à plis et évasée (Kediyu), portée avec un pantalon resserré aux chevilles (Chorno) et un turban coloré.

Pour parfaire ces parures, des bijoux en argent oxydé, tels que des bracelets, des colliers et des boucles d’oreilles, complètent l’ensemble et résonnent harmonieusement au rythme des mouvements.
