
Berceau éclatant de l’empire Chola, Thanjavur (Tanjore) demeure l’un des plus vibrants foyers culturels de l’Inde du Sud, patrie de ce style pictural raffiné qui porte son nom. Mais c’est par sa majestueuse silhouette que la cité s’impose à l’éternité : elle abrite le temple de Brihadiswara, prodige de l’architecture dravidienne couronné par l’Unesco au panthéon du patrimoine mondial.
Véritable merveille du Sud de l’Inde, le temple de Brihadiswara s’impose par sa démesure. Érigé au XIe siècle sous l’impulsion de l’empereur Raja Chola Ier, ce sanctuaire dédié à Shiva abrite des trésors architecturaux saisissants.

Dès l’entrée, le visiteur est accueilli par une monumentale statue monolithique de Nandi, le taureau sacré et monture de Shiva : haute de 4 mètres pour 6 mètres de long, elle pèse près de 25 tonnes

Plus loin s’élève la vimana (tour sanctuaire), dont la cime culmine à 66 mètres et abrite l’un des plus grands Shiva-lingam du pays, haut de près de 4 mètres. Témoignage d’un incroyable génie constructeur, le sommet de ce sanctuaire a été taillé dans un unique bloc de pierre pesant environ 80 tonnes.

Au-delà de sa splendeur esthétique, le complexe jouait un rôle économique et social majeur à l’époque Chola : on estime qu’il faisait vivre près de 1 000 personnes, dont 400 danseurs et danseuses, contribuant ainsi activement à la prospérité de la région.


Né vers 1600 sous la dynastie des Nayaks, le style « Tanjore » est un art pictural classique originaire de Thanjavur, principalement consacré à l’iconographie divine, mettant en scène des saints et des divinités hindoues, au premier rang desquelles figure Krishna.

La confection de ces œuvres, traditionnellement réalisées sur des panneaux de bois nommés palagia padam, obéit à un procédé minutieux. La première étape consiste à tendre et coller un morceau de tissu sur le support en bois, avant de le recouvrir d’un mélange de poudre de craie et de colle soluble dans l’eau. Cette même pâte est habilement façonnée pour conférer du relief et de la profondeur à la composition.

Une fois le dessin tracé, l’ornementation prend toute sa mesure : les parures, les vêtements et les décors architecturaux sont rehaussés de pierres semi-précieuses incrustées dans un amalgame de poudre de craie et de gomme arabique.
L’ensemble est somptueusement complété par des feuilles d’or, ainsi que par l’utilisation de fils et de dentelle. Enfin, les visages des figures divines prennent vie grâce à l’application délicate d’une peinture colorée.
Bien que boudé par de nombreux voyageurs, le palais de Thanjavur mérite amplement le détour tant pour sa portée historique que pour sa splendide salle d’audiences et sa riche galerie d’art.

Érigé au XVIe siècle par les rois Nayaks avant de devenir au siècle suivant le siège des souverains marathes, ce qui lui vaut parfois le nom de « palais marathe », cet vaste ensemble architectural se compose de plusieurs sections distinctes :

Également connu sous le nom de Lakshmivilasam, le Durbar Hall demeure l’édifice le plus spectaculaire du complexe. Ancienne salle d’audience des souverains marathes, il éblouit par ses peintures murales chatoyantes et ses décors en stuc d’époque. Ses colonnes octogonales colorées, ses superbes arcades et ses murs majestueux se dressent ainsi à la gloire de nombreuses divinités.


Autre temps fort de la visite, la galerie d’art Raja Raja Chola abrite une collection remarquable de bronzes et de statues en pierre datant de l’apogée de l’empire Chola.


Haute de près de 60 mètres, la tour de l’arsenal, également appelée Indhira Mandhiram, servait autrefois de résidence royale aux souverains Nayaks, qui occupaient l’un de ses sept étages. Elle fut ensuite reconvertie par les rois marathes pour y stocker des armes et des munitions, tout en faisant office de tour de guet.

Située au nord-ouest de la tour de l’arsenal, cette tour servait à l’origine de clocher, rythmant le temps par le son de conques. À son pied, les rois Nayaks firent ériger une sculpture de Rajagopalaswamy, transformant les lieux en un espace de rencontre privilégié pour les poètes et les intellectuels.
Abritant une collection inestimable de manuscrits sur feuilles de palme et sur papier, la bibliothèque Serfoji Saraswati Mahal expose des ouvrages rédigés en tamoul, en hindi, en telugu, en marathi, en anglais ainsi que dans diverses autres langues indigènes de l’Inde.
Célébré durant cinq jours à l’occasion propice de Mahashivaratri (entre février et mars), le festival de danse de Thanjavur, également connu sous le nom de Natyanjali, offre une toile de fond grandiose avec le temple de Brihadiswara. Dédié au dieu Nataraja, la forme dansante de Shiva, cet événement rassemble de talentueux artistes venus célébrer la danse classique indienne au cœur de ce sanctuaire historique.
Célébré chaque année à Thiruvaiyaru, à 13 kilomètres de Tanjore, le Thyagaraja Aradhana est un prestigieux festival de musique classique carnatique rendu en l’honneur du saint et compositeur Thyagaraja, qui vécut dans cette ville. Cet événement majeur attire des mélomanes et des artistes venus de tout le pays pour célébrer la tradition musicale indienne.
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