
Inscrites au patrimoine mondial de l’humanité, les grottes d’Ellora (Maharasthra) sont un chef-d’œuvre absolu qui saisit d’emblée le visiteur. Alliant prouesse technique et beauté esthétique, ce site d’exception réunit des sanctuaires bouddhistes, hindous et jaïns parmi les plus impressionnants au monde. Sculpté directement dans la roche avec un incroyable génie, à l’instar du remarquable temple monolithique de Kailasa, cet ensemble monumental demeure un sommet incontesté de l’art indien.

À une trentaine de kilomètres d’Aurangabad dans l’état du Maharasthra, le site d’Ellora s’étend sur plus de deux kilomètres le long de la colline de Charanandri. Ses 34 grottes, sculptées entre les cinquième et dixième siècles sous les règnes des dynasties Kalachuri, Chalukya et Rashtrakuta, unissent des sanctuaires bouddhistes, hindous et jaïns dans un bel exemple d’harmonie religieuse.
Les douze grottes bouddhistes du secteur sud se composent de onze monastères (viharas) et d’un sanctuaire majeur (chaitya, grotte 10). Architecturalement, les grottes 1 à 4 restent classiques, tandis que les grottes 5, 10 et 12 captivent l’attention par leur richesse.

Témoignage architectural du VIIe siècle, la grotte 5 impressionne par ses dimensions hors norme. Ce vaste monastère de 53 mètres de long déploie 17 cellules et deux superbes alignements de colonnes, complétés par deux longs bancs de pierre convergeant vers une statue de Bouddha absorbée dans l’enseignement (vyakhyana mudra).
Partagée avec la seule grotte 11 de Kanheri, cette disposition unique en Inde continue de questionner les historiens sur sa vocation première : réfectoire communautaire, salle de rassemblement ou espace rituel ?


Considérée comme la merveille bouddhiste d’Ellora, la grotte 10 (Vishvakarma) doit son surnom de « grotte du charpentier » à sa spectaculaire voûte nervurée semblable à une coque de bateau. Vingt-huit colonnes octogonales mènent à la pièce principale, abritant un Bouddha assis de 4,5 mètres effectuant le geste de l’enseignement.

Connue sous le nom de Tin Thal, la grotte 12 est un immense monastère bouddhiste de trois étages appartenant à la branche mahāyāna. Elle se distingue par une riche iconographie mêlant les traditions du bouddhisme vajrayāna et des éléments de l’hindouisme. Le dernier étage, qui mérite particulièrement le détour, abrite une statue de Bouddha entourée de ses sept incarnations précédentes.

Bâties en deux phases sous la dynastie Kalachuri, du VIe au XIIIe siècle, les grottes hindoues d’Ellora figurent parmi les plus anciennes du complexe, précédant les constructions bouddhistes et jaïnes. La grotte 29 (Dhumar Lena), l’une des pionnières du site, illustre parfaitement cette grandeur monumentale. Découvrons les grottes hindoues les plus représentatives.

Également appelée Ravana Ka Khai (la « demeure de Ravana »), la grotte 14 remonte au début du VIIe siècle. Initialement conçue comme un monastère bouddhiste, elle fut par la suite transformée en sanctuaire hindou. Elle abrite un vaste hall à seize piliers (mandapa), richement orné de superbes sculptures célébrant aussi bien le culte de Shiva que la tradition vishnouïte.

La grotte 15, ou Dashavatara, doit son appellation aux dix avatars de Vishnou sculptés sur ses murs. Discrète au bout d’un escalier, elle réserve pourtant une visite mémorable grâce à ses remarquables bas-reliefs aux thèmes variés, parmi lesquels se distingue la célèbre représentation de Narasimha terrassant le démon Hiranyaksha.

Monument le plus époustouflant d’Ellora, le temple de Kailasa (grotte 16) défie l’imagination par son audace : ce monolithe géant a littéralement été extrait de la roche. Sous la protection de Shiva, dont le lingam-yoni trône dans le sanctuaire intime (garbha-grihya), le site invite à la déambulation à travers ses cours à colonnades. Les sous-sols dévoilent quant à eux un panthéon foisonnant, où se croisent Shiva, la Shakti, Vishnou et les scènes poignantes de l’enfance de Krishna.


Attribuée à la dynastie Kalachuri, la grotte 21 (Rameshwar Lena) est l’une des plus anciennes d’Ellora. Elle se distingue par ses superbes bas-reliefs, notamment le panneau des Sapta Matrika (les sept déesses-mères de la tradition shaktie), ainsi que par les imposantes statues des déesses fluviales Ganga et Yamuna qui encadrent son entrée.

Véritable écho au sanctuaire de Shiva sur l’île Elephanta, la grotte 29 (Dhumar Lena) déploie une envergure et un raffinement supérieurs. Elle porte aussi le nom pittoresque de Sita-ka-nahani, souvenir d’une époque où la statue de la déesse Yamuna était prise à tort pour celle de Sita.

La grotte s’articule autour d’un sanctuaire isolé, niché au cœur de salles disposées selon un plan cruciforme. L’autel, ouvert sur trois côtés, abrite un lingam encadré par d’immenses Dwarapalas, les redoutables gardiens des portes célestes.
Sur les murs se déployant tout autour, six grands panneaux sculptés narrent les épisodes majeurs de la légende de Shiva : son union divine avec Parvati, sa victoire sur le démon Andhaka, le couple divin absorbé dans une partie de Chaupar, le géant Ravana secouant le mont Kailash, Shiva en danseur cosmique (Nataraja), ainsi que Lakulisa, un ascète du IIe siècle révéré comme le dernier des vingt-huit avatars de Shiva et l’inventeur du yoga.

Localisées au nord du site, les cinq grottes jaïnes d’obédience Digambara ont été creusées entre le IXe et le début du Xe siècle. Plus compactes que les complexes bouddhistes et hindous, elles se distinguent par la délicatesse et la précision de leurs sculptures, fidèles à la tradition artistique jaïne.

La grotte 32, ou Indra Sabha, doit son premier nom à une confusion entre la statue de Matanga et le dieu Indra, et son second (« Chotta Kailasha ») à sa ressemblance avec le temple de la grotte 16. Bâtie entre le Xe et le XIe siècle, elle s’impose comme la plus remarquable des grottes jaïnes. Son entrée dévoile une cour ornée d’un éléphant monolithique et d’un pilier tétracéphale représentant la propagation du jaïnisme.

Réparti sur deux étages consacrés à Mahavira, le temple abrite de superbes bas-reliefs de Matanga (divinité de la prospérité) et d’Ambika (déesse protectrice). Le hall impressionne par ses piliers richement sculptés et les traces de fresques peintes qui l’ornent encore.


Attribuée au IXe siècle par des inscriptions épigraphiques, la grotte 33 (Jagannatha Sabha) est le deuxième plus grand sanctuaire jaïns d’Ellora. Sur deux niveaux, elle déploie douze colonnes richement sculptées et met à l’honneur les figures majeures de Parshvanatha et de Mahavira, les deux ultimes Tirthankaras.

Ce dernier sanctuaire jaïn, consacré à Mahavira, se distingue par ses remarquables bas-reliefs. On y admire notamment une représentation de Parshvanatha (le 23e Tirthankara) debout dans l’attitude de Gomateshwara Bahuli (Karnataka), flanqué de musiciens sculptés avec soin.

C’est l’option parfaite si vous souhaitez être sur place dès l’ouverture pour éviter la foule et la chaleur.
La grande majorité des voyageurs choisissent de baser leur séjour à Aurangabad. C’est la base idéale non seulement pour visiter Ellora, mais aussi pour explorer le fort de Daulatabad et les célèbres grottes d’Ajanta.
Namaskar Marie-Renée ! Merci pour votre sympathique message. Au plaisir de se voir en Inde un de ces jours !? Bien cordialement, Mathini
beau travail, un grand merci, je suis aussi fan de l’Inde et sa culture.
Merci Ady pour vos nombreux messages sympathiques. En espérant vous voir bientôt en Inde. Bien cordialement, Mathini
Merci pour ces belles images qui nous donne vraiment envie de repartir
merci de nous faire rêver .
Cordialement
Ady
Merci à vous Roger 🙂
On est sans voix devant de tels chefs d’oeuvre de cette civilisation multi millénaire. L’inde berceau du savoir planétaire. Merci pour Tout.
Merci ! 🙂 Bon diaporama ! bien cordialement, Mathini
Magnifiques images. Je me suis permis dans télécharger quelques unes pour mon diaporama sur l’Inde. Je vous remercie infiniment.