
Né dans l’État du Bihar, au nord-est de l’Inde, Chhath Puja est un festival dédié à Surya, le dieu-soleil, et à Usha, la déesse de l’aube. En rendant grâce à ces forces de vie et d’énergie primordiale dans le sillage de la fête des lumières (Diwali), il déploie des rituels séculaires transmis depuis l’Inde ancienne.
« Surya est l’âme, à la fois des êtres mobiles et immobiles” (Rigvéda)
On attribue au rituel du Chhath une origine védique très ancienne (entre 3500 et 1500 av. J.-C.). Le Rigvéda, texte fondamental de l’hindouisme, consacre de nombreux hymnes à la vénération du Soleil. Selon la légende, les Rishis (les sages patriarches du védisme) parvenaient à nourrir leur corps en absorbant directement l’énergie des rayons solaires, leur permettant de pratiquer de longs jeûnes.

Le Chhath est également étroitement lié au prince Rama et à son épouse Sita. De retour dans leur royaume d’Ayodhya après 14 ans d’exil, ils auraient observé un rituel d’action de grâce envers le Soleil. Dès lors, le Chhath Puja est devenu une célébration annuelle majeure, d’abord à Janakpur (terre natale de Sita) puis dans l’ensemble des territoires voisins comme le Bihar.

Dieu de la divinité solaire dans l’hindouisme, Surya est considéré comme le créateur de l’univers matériel (Prakriti). Il est le père de figures mythologiques majeures : Manu (premier homme et législateur), Yama (dieu de la Mort) et Yami (devenue le fleuve sacré Yamuna).

Le culte du soleil rythme la vie culturelle indienne à travers des célébrations comme Uttarayan ou la fête des moissons (Pongal). Il s’exprime également dans le yoga à travers la salutation au soleil (Surya Namaskar), un enchaînement de 12 postures pensé comme un acte de gratitude envers la lumière spirituelle.

Pour perpétuer cet hommage, de grands rois ont fait bâtir des temples emblématiques comme Modhera (Gujarat) et Konark (Odisha). Conçus avec une précision astronomique, ils permettent aux premiers rayons des solstices de venir illuminer directement le sanctuaire intérieur.

Le rituel du Chhath est dédié à Surya, mais également à son épouse, vénérée sous les noms de Chhathi Maiya ou Usha. Signifiant littéralement « le premier rayon de l’aube », Usha symbolise sur le plan spirituel l’éveil de la conscience divine chez l’aspirant. C’est elle qui est tout particulièrement honorée au cours du dernier jour des célébrations.
Le festival de Chhath Puja exige de ses pratiquants une immense rigueur spirituelle et physique. Tout commence par un grand nettoyage de la maison, prélude à de longs jours de jeûne où l’eau elle-même peut être proscrite.

Les dévots doivent rester de longues heures debout dans l’eau pour adresser leurs prières aux premiers et derniers rayons du soleil. Cette période d’ascèse impose également le célibat temporaire et le coucher à même le sol.

Les paniers en bambou (dauris) s’emplissent d’offrandes minutieusement préparées : fruits de saison, cannes à sucre, radis blancs, riz au lait (kheer) et thekuas (les célèbres biscuits du Bihar). Fidèles aux exigences rituelles, ces mets sont rigoureusement végétariens et cuisinés sans aucun apport de sel, d’oignon ou d’ail.

Le festival se tient pendant quatre jours en octobre-novembre, mais aussi en mars-avril (Chaitra Shasthi) après Holi, le festival des couleurs. Il est principalement célébré dans l’état du Bihar mais également au Jharkhand, Uttar Pradesh, Chhattisgarh et dans certains états du nord-ouest de l’Inde comme le Gujarat ou le Rajasthan.

Au bord des fleuves sacrés, au premier rang desquels figure le Gange, ou au bord de n’importe quelle étendue d’eau, les fidèles se réunissent pour offrir leurs rituels au Soleil.
Par ce culte, ils expriment leur gratitude envers l’astre dispensateur de vie et prient pour la santé ainsi que la prospérité des leurs. Si l’on nomme ces officiants les Parvaitin (du sanskrit parv, la fête), le rituel est avant tout porté par des femmes.

Conformément aux traditions indiennes, ce sont elles qui accomplissent les jeûnes et portent les prières de la communauté. Drapées de saris chatoyants, elles arborent sur le visage le tilak, un trait orange vif allant du front à la pointe du nez en l’honneur du dieu Surya. À leurs côtés, les hommes optent pour la simplicité de vêtements blancs

Le premier jour (Nahay Khay), les fidèles accomplissent une immersion rituelle dans un cours d’eau sacré et en réutilisent l’eau pour cuisiner les offrandes. Les pratiquantes (vratins) amorcent leur période de dévotion par un jeûne strict en ne consommant qu’un seul repas quotidien.

La deuxième journée (Kharna) est marquée par un jeûne diurne intégral. Le soir venu, après la prière et les offrandes dédiées à la Lune montante, les pratiquants rompent le jeûne en consommant des mets rituels : du kheer (riz au lait) accompagné de chapatis.

Véritable point d’orgue des célébrations (Sandhya Arghya), ce troisième jour impose le nirjal vrat, un jeûne intégral sans eau. À la tombée du jour, les fidèles rejoignent les points d’eau chargés de leurs paniers d’offrandes pour accomplir le premier grand rituel d’adoration dédié au soleil couchant.

Le dernier jour du Chhath Puja réunit les fidèles et leurs proches au bord de l’eau avant l’aube pour honorer le Soleil levant, symbole de savoir et de régénération. Après cet ultime rituel, les vratinsprocèdent au Parana (rupture du jeûne). La fête se conclut par des visites conviviales au cours desquelles est distribué le prasad, l’offrande bénie.
Merci Yacine ! Oui l’Inde est ma passion ! Mathini
Merci pour ces informations. Je découvre le site et je pense que je vais y passer pas mal de temps car on sent une grande sensibilité pour l’Inde chez l’auteur.
Namaskaram Joel !
Merci Joel ! Namaskaram ! Mathini
magnifique !
merci beaucoup !
namasté !
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